Authentique angélisme

les-anges-de-raphael2_billet Cercle du 26jan15_by BL

Authentique. C’est déjà, pour commencer, un adjectif tendance, limite « swag » qui fait quand même  37 200 000 résultats sur Google ! Fidèle (l’adjectif, qui pourrait être une conséquence de l’authenticité) fait bien moins et Violetta (l’authentique phénomène fille du moment) fait à peine mieux. C’est dire !

Mais qui et quoi parle tant d’être authentique ? Sur les 5 premières pages de Google, on trouve pêle-mêle :

  • sa définition, celle commune pour les authentiques du web (wiktionary et lintern@ute) et les véritables puristes (larousse.fr) : « Dont la vérité ne peut être contestée».
  • un site pour apprendre la langue française : il y aurait donc un français authentique et un français artificiel.
  • des offres gastronomiques, dont une pour déguster une « pizza authentique raclette » ; mais il n’y a pas de raclette sur une authentique pizza, non ?
  • des destinations voyage : Bali, Lausanne et l’Australie en mode authentique, promesse de vivre une expérience sincère.
  • un autocuiseur de marque authentique vendu sur amazon, des fois qu’il y aurait des faux qui se fassent passer pour le vrai.

Pourtant, pas d’authentiques liens sponsorisés sur la droite de la page Google, pas encore…

Ça manque un peu d’authenticité de vouloir l’être autant non ? Cela doit vouloir répondre à un besoin de retour à la sincérité – l’autre définition de ce qui est authentique. Valeur refuge en temps d’hyper-virtualisation, de crise, où la publicité doit continuer de faire rêver, mais où le client ne rêve plus. Peut-on sincèrement aimer sa banque, parce qu’elle vous aime au point de vous faire confiance tout de suite en vous offrant sa carte ?

L’authenticité est d’abord une affaire de perception, issue d’une expérience – et la relation client en est une – particulièrement en situation de réassurance ou de réclamation, mais aussi quand il s’agit simplement d’accompagner le client dans son parcours.

Mais elle a un coût : il faudra d’abord prendre soin de l’incarner par de l’humain – jusqu’ici on ne fait pas (encore) plus authentique en matière de relation. Il faudra ensuite avoir le courage d’être vrai dans le discours, d’assumer ses manquements et d’accepter de se dévoiler un peu. Car l’authenticité, c’est aussi avoir intégré ses imperfections, et les accepter comme telles, avec sincerité et responsabilité. Quand même à rebours du marketing et de la vente tout ça !…ou pas.

Et si désormais marketing, vente et relation client se trouvaient  dans ce supplément d’authenticité ?

Et si, pour paraphraser Marc Aurèle, la relation client trouvait son accomplissement dans la force de changer ce qu’elle peut changer, la sérénité d’accepter ce qu’elle ne peut pas changer et la sagesse d’en faire la différence ?

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